lundi 10 novembre 2008


Dans un manteau rembourré, air max aux pieds et clope sur l'oreille, je reviens d'un Woody Allen un Kafka dans mon Eastpack, et j'aime cultiver les contrastes.

Publié par icare à 00:00
Tags ,

3 commentaires  

jeudi 6 novembre 2008


Ma journée avait bien commencé. Me suis levé tard, pas foutu grand chose, si ce n'est me remettre au dessin pour élaborer le futur personnage d'une BD qui paraîtra dans le journal que je publie. Mon père m'appelle, me propose d'aller au match, j'accepte.
Ma journée avait bien commencé, mais en rentrant du match, mon père et moi avons pris la direction Saint Just, hôpital gériatrique. Nous sommes arrivés une demi-heure trop tard. Mon grand oncle était déjà parti. J'ai ressenti une certaine tristesse, malgré le peu de chose que je savais sur lui ; mais en m'imaginant abstraitement la ligne de sa vie (de ce que j'en connaissais), pendant que les vieux récitaient les tehilim en marmonnant, je parvins à apercevoir un cycle, une boucle fermée, et cela me réconforta franchement. Outre cela, le fait que, dans le petit cercle que nous formions autour du corps, je ne connaisse personne à part mon père, ma grand mère et le frère du défunt, me permit d'entrer dans une sorte de communion avec mon grand oncle, ou du moins avec ce que la belle jeune femme orthodoxe, une cousine inconnue, appelait la nechama, l'âme.
Mon père m'a ramené à la maison, à 2 heures du matin. J'ai parlé plus et mieux qu'à l'habitude avec lui, puis je suis allé dans le jardin, tout en haut, pour voir les lumières de la ville. Là, à cet instant, j'ai compris qu'en vingt ans d'existence, le destin, Dieu, ou tout ce qu'on voudra, m'a toujours tenu éloigné de la mort... pour m'y confronter plus que jamais ces deux dernières années. Deux grands oncles, ma grand-mère et ma tante m'ont quitté récemment. Et ce qui, au final, me paraît le plus dur, c'est qu'à ce moment précis, en haut du jardin à regarder le ciel violet et les lumières jaunes de la ville, j'ai senti entre la mort et moi un rapport presque familier.

Publié par icare à 14:53
Tags , ,

0 commentaires  

mardi 28 octobre 2008


J'évite sans cesse cette inconscience de soi, qui m'angoisse tant quand elle parvient à marquer de ses griffes cette petite vie morale que je mène. Ainsi, je trouve refuge et confort dans la responsabilité et dans la maîtrise de mes actes, dans le "tout contrôler dans la mesure de mes capacités". L'être que je me suis construit, contrairement à l'image sociale qu'il diffuse, est enclin à un cycle infernal : celui de l'auto-destruction. La lourde armure que mon instinct de vie m'oblige à porter ne peut être que d'or ou d'acier, le fer ou l'étain la laisserait totalement vulnérable aux coups du destin. Le métal se déchirerait vers l'intérieur et trancherait ma chaire plus douloureusement que si mon corps avait été entièrement nu.

Publié par icare à 20:52
Tags ,

0 commentaires  

vendredi 24 octobre 2008


À côté de moi dans le tram, un homme mangeait des escargots, avec ses clés. J'aime profondément le monde dans lequel je vis.

Publié par icare à 15:53
Tags ,

2 commentaires  

jeudi 23 octobre 2008


Nous sommes le 23 octobre. Et non, je ne vous prends pas pour des cons, je sais que c'est écrit au-dessus, mais je trouve que ça fait bien comme intro (en train de lire le journal intime de Kafka qui commence parfois comme ça, pas que je me prenne pour lui, mais bon...). Ce matin fut le matin de la mise à l'épreuve, avec deux examens sur les actes de langage.
Vous me direz (ou pas), qu'est-ce qu'un acte de langage ? Je vous répondrai que c'est cette entité abstraite du discours qui fait que ce dernier a une influence sur le monde, avec plus ou moins de nuances. C'est avant tout l'étude du degré de "littéralité" que comporte notre discours. Exemple avec Bigard :

Vous arrivez, le garçon il vient vous accueillir, il dit : “ C’est pour dîner ? — Non, c’est pour un tennis, connard ! Vous avez des courts de libres, non ? non, ben alors on va dîner à ce moment-là ”. Alors après il insiste, il dit : “ Deux couverts ? — Non, mon pote il va manger avec ses doigts, et puis moi je lui repasserai la fourchette de temps en temps, connard ! ”.

Voilà. On s'amuse, en tout cas je m'amuse, ce qui plaît beaucoup au maître de conf (il faudrait pas que ça lui plaise trop, tout de même...) qui me voit pouffer pendant toute l'heure. D'ailleurs, j'en viens parfois à me demander si l'humour masculin et l'humour féminin ne sont pas fondamentalement différents, puisque le prof et moi sommes les seuls à rire de Bigard.
Cela me fait penser à la longue discussion que j'ai eu mardi avec le Russe, l'éminence grise de mon amphi, qui parle 9 langues. Il me racontait qu'à l'université de St Petersbourg, le département des sciences du langage est appelé communément le département des jeunes fiancées. On est dans le même cas ici, à Lyon, entouré de ces créatures opaques et attirantes, que dans notre délire nous pensons parfois posséder, mais qui toujours, nous échappent.
Petit récapitulatif :
Mlle C. est fort jolie mais fort vulgaire, la salope. Je l'oublie.
Miss Chiwawa est mignonne. Mais aujourd'hui, je lui ai demandé un stylo, qu'elle m'a tendu en souriant. Et ben elle aurait pas du sourire.
Enfin, j'ajoute que j'ai trouvé mieux (elle aussi dans mon amphi). Je vais l'appeler, disons... Madame. C'est bien. Elle m'a toujours paru trop grande, trop femme. Mais elle m'a toujours plu, avec son visage maigre et ses traits gracieux. Elle respire la profonde intelligence. Elle s'est assise à côté de moi (pas le choix, plus de places) ce matin, dans le tram, et là — chose folle — je lui ai adressé la parole. Deux trois renseignements sur l'exam qui suivait. Bref, on papotte, elle essaie de m'aider, et quand on arrive au campus, elle se lève pour partir (et pour me laisser partir) et se retrouve coincée (sacrément) au fauteuil par la bretelle de son sac. Elle me demande de l'aide, et après deux trois essais, je la libère. Voilà comment on a fait connaissance, connaissance à entretenir.
Pour le reste, Monsieur P. va tantôt bien, tantôt moins. Il écrit, c'est sa manière de faire le deuil. Hier matin, il m'a lu huit sonnets. Certains étaient très bons.

PS : à voir, le clip pour Obama.

Publié par icare à 16:13
Tags , , , ,

0 commentaires  

vendredi 17 octobre 2008



Source : Wikipedia

Icare et Dédale cherchent à échapper à la vengeance de Minos qui poursuivait Dédale car ce dernier avait aidé Pasiphae à s'accoupler avec un taureau blanc (ce qui donna naissance au Minotaure un être au corps d'homme et à tête de taureau).

Selon la version la plus répandue, Dédale a l'idée pour fuir la Crète de fabriquer des ailes semblables à celles des oiseaux, confectionnées avec de la cire et des plumes. Dédale met en garde son fils, lui interdisant de s'approcher trop près du soleil. Mais Icare, grisé par le vol, oublie l'interdit et prenant trop d'altitude, il fait fondre progressivement la cire. Ses ailes finissent par le trahir et il meurt précipité dans la mer.

Pausanias livre une version plus prosaïque de la légende : selon lui, Dédale et Icare fuient la Crète dans de petites nefs — Dédale ayant inventé à cette fin le principe de la voile, jusqu'alors inconnu aux hommes. Mais Icare, navigateur maladroit, fait naufrage au large de Samos. Son corps est trouvé sur les rives de l'île par Héraclès, qui lui donne une sépulture et renomme Samos et la mer alentour du nom du défunt (Icarie). Cette version est corroborée par Diodore, qui précise juste qu'Icare est tombé par précipitation dans la mer où il s'est noyé.

Publié par icare à 16:12
Tags

0 commentaires  

Allez, peut-être faudrait-il que je commence à publier, et à comprendre qu'écrire pour écrire, pour soi, n'a que peu de sens, puisque nous ne faisons sens, il me semble, que dans l'intersubjectivité. Je commence avec un poème, écrit en Mai 2005, quand le romantisme adolescent me tourmentait encore. Acrostiche.

C'est à l'heure de la Lune que sonne

le glas des Nuits que l'on n'oublie pas
Ardeurs en face de l'automne
luit la nuit du premier pas

Mais à l'heure de Mai qui pleure
l'oublie des Nuits des premières fois
Iréniques étreintes d'un choeur
qui chante nos premiers émois

L'on vit cela comme un Cri
cerclé par un ciel orange
L'on pleure jusqu'à vider sa vie
soigner ses blessures d'un lange

Eteintes
nos ailes se rassurent et
la Reine
abandonnent les larmes
Me souffle un chant
“Soyez Saint”

Publié par icare à 14:26
Tags ,

0 commentaires  

jeudi 16 octobre 2008


Semaine ordinaire. Hier, j'ai passé la journée à constater combien j'ai besoin d'une copine en ce moment. Je ne vois que deux solutions : soit j'en trouve une, soit ça passe. Pour la première fois de ma vie, j'ai envie qu'il pleuve, qu'on mette tous des gros manteaux avec une fermeture éclaire, et qu'on enfouisse notre libido à l'intérieur. Ça serait mieux pour tout le monde.
Facebook me déprime. J'ai retrouvé dimanche ma première amoureuse (perdue de vue depuis bien dix ans...), qui s'avère aujourd'hui fort jolie. Et maintenant que je l'ai "addée" en "friends", j'attends désespérément qu'elle m'écrive un message.
La monitrice de la salle info me plaît fortement.
Putain ce qu'on peut écrire de la merde quand le désir s'y mèle...
Ah ! Si... J'ai lu Antigone et Oedipe Roi de Sophocle cette semaine. Deux pièces très belles, même si je trouve Oedipe un peu long à la détente parfois...

Publié par icare à 11:43
Tags

0 commentaires  

lundi 13 octobre 2008


Je suis crevé aujourd'hui. GZ. aussi, il pense que c'est un effet de masse peut-être dû à une intoxication. Moi, je pense plutôt que c'est le résultat d'un week-end éprouvant. Samedi soir, nous sommes allé voir Entre les murs, la palme d'or, au Comoedia (je kiffe ce ciné).
Bon. Que dire ?
Je suis resté pendant tout le temps du film cramponné au fauteuil, les mains crispées, le corps transpirant. J'étais le prof, je ressentais exactement la même chose que lui, et j'ai senti ma gorge se nouer deux fois quand Cumba lui lance avec mépris ce "ah mais jle pensais pas hein" après des excuses forcées, à la fin du cours. L'intensité d'une salle de classe, et plus exactement d'une classe comme celle-ci : un melting-pot à la française, saupoudré de toutes les tensions sociales qui peuvent avoir cours aujourd'hui.
Et puis c'est plus que cela. J'ai toujours hésité, j'ai toujours senti que j'étais fait pour ça, pour partir combattre et débattre devant une horde d'anges en colère, aux vies parfois dramatiques, mais d'une richesse émotionnelle et culturelle immense. Puis, la lâcheté, le désir de bien gagner sa vie, de ne pas prendre trop de risques et de viser haut, socialement parlant, m'a fait oublier ce rêve. Et là, ce putain de film me le renvoie en pleine face.
Bon là, je m'étale. En tout cas ce film, je l'avais pressenti à la perfection, je l'ai senti, presque de façon tactile, pendant la séance, et la j'en ressens encore ses effets, Dieu seul sait pour combien de temps encore...

Publié par icare à 13:41
Tags , ,

0 commentaires  

samedi 11 octobre 2008


WWWOOOOuuuaaahhh... Il est 19h38 et je commence à me réveiller. Mes vendredi soir sont vraiment trop fatigants, mais en même temps je sais que maintenant j'ai jusqu'à lundi pour loquer... et qu'est-ce que c'est bon !
Donc hier, au programme, pré-soirée chez le K., départ à quatre mec pour La Voile, où deux filles qui ne méritent pas d'être nommées nous ont rejoints. Puis de trois heures jusqu'à exactement 6h30, arpentage des rues de Lyon dans leurs long et dans leurs travers, avec une bande de gens plus ou moins inconnus qu'on a retrouvé place Bellecour, escale rapide dans une after gay à Hôtel, retour à la case départ, à l'heure où le marché de la place Jean Macé s'installait.
C'était funky.
GZ n'était pas là (malade), mais il est arrivé à 15h avec des croissants pour toute la bande. Si ça c'est pas un pote...

Publié par icare à 19:38
Tags

0 commentaires  

vendredi 10 octobre 2008


J'ai lu la théorie des catégories de Ch. S. Peirce et je me suis senti pousser des ailes. Puis dans le tram, j'ai écouté le live de Ben Harper (Like a King + I'll Rise), et j'ai volé.




.

Publié par icare à 16:39
Tags ,

0 commentaires  

Le problème de tout ça, c'est que je commence à être sérieusement accro à Icare et à son blog. Chacune de mes pensées se transforme visuellement dans ma tête, et m'apparaît en note.
Hier en rentrant de de la synagogue (la schul' pour les intimes), j'ai été particulièrement ravi de trouver quelques commentaires, qui avant cela étaient pour la plupart écrits par des connaissances.
Bon, je vais partir bosser un peu à la bibliothèque.
Mais il faut d'abord mettre quelques choses au clair, afin que le lecteur, certes rare mais à l'oeil affûté, puisse me suivre.
Je vais donc vous parler d'un personnage très influent dans ma petite vie très influençable.
V. Il a été jusqu'à aujourd'hui, si je puis dire, un simple cousin. Le cousin le plus proche, c'est vrai, celui avec lequel j'ai vécu le plus de choses, et celui qui m'a le mieux compris. J'étais jusque là, sinon son mentor, son grand frère, celui qui, d'une phrase simple aux apparences anodines, jugeait son comportement sans concession, approuvant ou réprouvant les choix qu'il faisait. Mon influence était néanmoins limitée par la fréquence de nos rencontres.
Puis vint un événement qui a profondément redéfini notre relation, la mort de sa mère, il y a quatre mois. Tous, sans exception, avons craint pour l'équilibre de V. qui, il faut le dire, avait une fâcheuse tendance à exceller dans le non respect des lois. Gâté comme il le fut par sa mère, l'absence de celle-ci aurait dû, ou aurait pu le détruire.
Ensuite, les événements se sont enchaînés, du jour des funérailles à aujourd'hui. L'après-midi de l'enterrement, notre tribu de cousin s'est réunie dans le jardin de la maison (vous savez, où j'ai photographié la chaise-café-clope), et nous avons bu du vin blanc et fumé de 11h du matin à 11h du soir, sans s'arrêter, en riant comme on ne l'avait jamais fait. Nous en sommes ressortis tous très proches, et après les deux semaines passés tous les jours à l'hôpital, nous avons respiré. Puis son frère est parti étudier dans le sud, et ne restait plus dans cette grande maison que deux personnages, V. et son père, Monsieur P.
Tout le monde s'est inquiété pour V., car nous avions tous conscience que Monsieur P. était perpétuellement sur le départ, raison professionnelle.
Alors on m'a proposé, à moi, Icare, de vivre ici. Et j'ai accepté. Et je vis aux côtés de mon cousin, pour notre plus grand bien.

Publié par icare à 10:29
Tags

0 commentaires  

Je me sens plein de bouffe et vide de pêchés... c'est bon, Kippour est passé par là (je mets un lien pour les incultes).
Non plus sérieusement, c'est surtout le côté très matériel qui rend cette fête si mystique. Le fait de ne pas manger et de ne pas boire pendant 25 heures nous déconnecte, et nous donne une ferveur particulière dans les dernières heures du jeûne. Puis ça a été l'occasion de parler avec un vieil ami parti étudier à Nevers, la ville la plus paumée de France (anciennement la ville la plus paumée d'Europe, mais depuis qu'on est passé à 25...). On a un peu gambader au parc de la Tête d'Or.
Religieusement, je pense être aujourd'hui complètement détaché du culte, mais je ne peux vraiment pas m'empêcher d'aller écouter toutes ces femmes et ces hommes en blanc, chanter en chœur. C'est très beau.
Donc Kippour, à l'année prochaine !

Et vu que Sarko me manque en ce moment (merci Lyon 2 !) :

Publié par icare à 00:12
Tags ,

0 commentaires  

mercredi 8 octobre 2008


Ça y est, le jour du grand pardon arrive... il faut que j'aille bouffer. Vu que ces derniers temps je suis légèrement blogo-boulimique, je ne suis pas certain que mon ascèse s'étende à mon blog. Après tout, Icare est un Grec... je ne lui connais aucune parenté juive.

Publié par icare à 18:05
Tags

0 commentaires  

Je trouve mes Air Max One beaucoup moins funky quand il pleut...
Sinon ce soir c'est Kippour, et là je taf à la bibliothèque, à l'abri de ce temps de chiottes.
Je dors chez GZ. ce soir, c'est plus près de la synagogue.
J'ai réussi à envoyer des messages via l'iPhone, par mail.
J'étais dans la cour de la fac (Bâtiment B, Lettres, Sciences du Langage et Arts du Spectacle) avec GZ. et nous avons été forcés de constater que Miss C. fait violence. J'ai l'oeil fracturé.

PS : finalement, il en est des blogs comme de la vie. Faut savoir se faire sa place sans désespérer. Courage !

Publié par icare à 10:39
Tags ,

2 commentaires  

 
>